Nouvelles

  • Lignes : une invitation à suivre le chemin de la main

    La ligne 

    Elle avance 

    Elle recule

    Dynamique 

    Désarticulée 

    Dansante 

    Flottante 

    Horizon dans un paysage blanc et imaginaire

    Accordéon de nuances

    Origami cerf-volant

    Ponctuation spatiale 

    Jeux de pliages

    Jeux de métamorphoses

    Ligne empreinte

    Ligne, mémoire des gestes

    Ligne de vie

    À l’origine de la série Lignes se trouve toujours le même point de départ : une bande de papier rectangulaire aux dimensions identiques. Jérôme Fortin la plie et la replie plusieurs fois. Puis, il imprime ce pliage et ne conserve que son empreinte. Cette dernière constitue le coeur et le motif de cette série intimiste. L’artiste multiplie les possibilités de la même unité de base dans des compositions similaires. La série Lignes présente une multitude de variantes du même procédé plastique.

    De loin, le regard saute d’une oeuvre à l’autre, d’une ligne à l’autre et suit un chemin pointillé. De près, l’unicité de chaque estampe se dévoile. Fortin crée, chaque fois, un petit labyrinthe visuel. Il s’amuse à construire des tracés géométriques délicats dans lesquels se cachent des triangles, des rectangles, des trapèzes et des formes inventées. Les sillages blancs dans les compositions laissent deviner les endroits où le papier a été plié. Ils invitent le spectateur à décoder ces petites formes rythmées. L’oeil curieux scrute ces petits rubans ludiques et asymétriques. Il joue à suivre les motifs de gauche à droite, de droite à gauche. Où est le devant ? Où est le derrière ?

    Le fond blanc fait ressortir les contrastes fins de chaque estampe. Sur la surface, les nuances de gris et de noir se déploient subtilement dans des chevauchements tantôt clairs, tantôt opaques. Le regard attentif décèle, dans les impressions, le grain du papier qui prend vie dans les superpositions et les textures. 

    Avec Lignes, Fortin conserve sa signature visuelle tout en la renouvelant. Si, à maintes reprises, il a utilisé des papiers avec des motifs figuratifs(mangas, cartes routières, billets de loto, cahiers à colorier), il plonge ici dans l’abstraction. L’horizontalité, si caractéristique de son oeuvre, reste présente, mais se brise légèrement. Déjà, dans les séries Partita et Tabula rasa, il s’éloignait de la régularité des compositions des oeuvres antérieures dominées par les lignes horizontales et parallèles (Écran, Série grise). Avec Lignes, l’artiste pousse encore plus loin cette idée. Il valorise la singularité, l’irrégularité des formes et les lignes obliques. S’il fait évoluer son langage, Fortin reprend aussi des éléments qui lui sont chers : l’exploration du noir et blanc, la répétition des gestes, l’utilisation du papier et les jeux de transformation (Mamoru, Tondo, Extraits).

    Minimaliste et épurée, la série Lignes révèle toute la créativité et l’ingéniosité de Jérôme Fortin.

    Ariane Léonard, historienne de l’art

  • Tabula Rasa

    Tabula rasa
    variante I / XXVIII
    lithographie
    97 cm x 75 cm
    2016

    L’exposition Tabula Rasa a eu lieu du 12 novembre au 24 décembre 2016 à la galerie Pierre- François Ouellette art contemporain.

    Tabula rasa est une édition de 28 œuvres uniques réalisées à partir de lithographies découpées et assemblées. Des pliages de papier aux motifs graphiques ont servi de matrice aux estampes.

    Rythmés et dynamiques, les collages s’inscrivent en continuité avec le travail de Jérôme Fortin sur la répétition, mais rompent avec la linéarité des œuvres passées.

    Dans Tabula rasa, l’artiste renouvelle son langage plastique en mettant de l’avant les diagonales et en valorisant l’estampe plutôt que l’objet du quotidien. Ici, ce sont ses œuvres qu’il transforme, qu’il recycle, qu’il réinvente et transforme.

    Les éléments formels de Tabula rasa explorent ces jeux entre rupture et continuité. Dans chacune des œuvres, de forts contrastes entre les fragments d’estampes cohabitent avec de subtiles transitions. Les différentes valeurs de gris contribuent à faire ressortir certaines sections alors que d’autres semblent s’estomper, voire disparaître. La juxtaposition des fragments d’estampes génère des lignes et des formes qui dynamisent à leur tour la composition. Dans cette grande ondulation verticale, les motifs se rencontrent et s’entremêlent, invitant ainsi l’œil à circuler d’une zone à l’autre.

    Tabula rasa ouvre donc la voie à de nouvelles avenues tout en conservant des éléments fondamentaux de la démarche de Jérôme Fortin : la répétition, le travail du papier, le recyclage et les variations sur un même thème.

  • Partitas (2015)

    La série Partitas est constituée de 23 œuvres uniques. Rythmée et dynamique, cette série est réalisée à partir de fragments d’estampes couleurs.

    Jouant avec la répétition et les variations, les Partitas font écho à la musique des compositeurs Steve Reich et Philip Glass. À l’instar du genre musical appelé partita (partie), ces œuvres sont composées de plusieurs sections, évoluant à la manière d’une suite.